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Coévolution dans les systèmes de villes : croissance et spécialisation des aires urbaines françaises de 1950 à 2000
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Date de publication : 04//2/01/0
La dimension hiérarchique, c’est-à-dire l’inégalité des tailles des villes, est considérée comme le fait majeur qui caractérise un système urbain dans la mesure où cette hiérarchie offre une régularité tout à fait remarquable, qui peut être résumée simplement par un modèle statistique, a-spatial (la loi rang-taille, formulée par G. Zipf, 1949). L’application de cette règle a été vérifiée empiriquement pour tous les pays du monde pour la période récente (Moriconi-Ebrard, 1993) et pour d’autres périodes historiques (Lepetit, 1988 pour les villes dans la France moderne par exemple). Aujourdhui encore, elle suscite lintérêt théorique des géographes, des économistes et même des physiciens, qui y voient de possibles interprétations en termes de scaling, ou de croissance allométrique, par analogie avec d’autres travaux (Pumain, 2004). La régularité des inégalités de taille est complétée, dans l’analyse des systèmes urbains, par une autre dimension qui ne lui est pas directement liée. C’est la persistance, à moyen terme (plusieurs décennies), dans les mêmes villes, d’une spécialisation économique. Les cartes de la répartition des activités entre les villes et celles des spécialisations qu’elles forment donnent ainsi des images assez semblables d’un recensement à l’autre. L’activité économique est donc au coeur de la différenciation interurbaine. La théorie des lieux centraux n’utilise en fait qu’une partie des emplois des villes (services à la population) dans l’interprétation qu’elle donne des inégalités urbaines. D’autres activités, qualifiées de spécifiques ou anomales, n’ont pas pour fonction de satisfaire les besoins de la population environnante mais s’insèrent dans des réseaux de production et de distribution dont l’aire de relation est nationale voire mondiale. Nous nous proposons d’interroger à nouveau ces deux dimensions à propos de l’ensemble des villes françaises, et surtout d’en analyser précisément l’évolution récente, et l’éventuelle liaison qu’elles entretiennent dans cette évolution. L’étude porte sur un grand échantillon de villes (plusieurs centaines) et sur un demi-siècle, qui nous permet de bien analyser la diversité géographique et le rythme du changement : cette période, comprise entre la reconstruction de l’après-guerre et la mondialisation de l’économie, entre la dernière grande vague d’urbanisation et l’étalement des villes, nous a semblé suffisamment riche en termes d’observation.
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