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Les poissons migrateurs amphihalins des départements d'outre-mer : état des lieux - Partie 2 : Quels outils de gestion ? Expérience internationale et propositions.
Livre
Edité par ONEMA - 2013
Date de publication : 01/02/2013
Le bilan des connaissances sur les espèces migratrices amphihalines de tous les
départements d’Outre-Mer (DOM) font état de 47 espèces diadromes. Le cycle diadrome est
caractérisé par une alternance entre une phase marine et une phase dulçaquicole, alternance
assurée par deux migrations obligatoires : migration de dévalaison, migration d’avalaison.
Cependant, contrairement aux 11 espèces amphihalines de métropole, les espèces
amphihalines des DOM ne sont pas identifiées comme migratrices dans le code de
l’environnement, et malgré la forte valeur patrimoniale de certaines d’entre elles, elles ne
bénéficient donc pas de l’ensemble des mesures nationales mises en oeuvre pour la protection
et la conservation des poissons amphihalins. Il s’agit pourtant d’espèces qui, dans les DOM
comme dans les autres systèmes tropicaux qu’elles fréquentent au niveau international,
subissent de nombreuses pressions dans les cours d’eau. En effet, elles doivent faire face aux
barrières physiques, à la dégradation physico-chimiques des habitats, à l’introduction
d’espèces exotiques, à la pêche mais aussi au changement climatique.
Face à ces pressions et à la nécessité de préserver la biodiversité et la qualité des cours
d’eau, différents outils de gestion ont été testés en milieu tropical dans le monde. Ce rapport
présente les alternatives développées dans différents pays. Au regard de cette expérience
internationale et du contexte des DOM, six actions prioritaires à mettre en oeuvre dans les
DOM ont été dégagées. Ces actions comprennent avant tout une reconnaissance du caractère
migrateur des espèces au niveau national, une amélioration des connaissances sur les traits de
vie des espèces et sur les barrières à la continuité écologique, une sensibilisation du grand
public et une formation des différents acteurs de la gestion. Il s’agit également d’améliorer les
techniques de prélèvements et d’usage de l’eau et d’évaluer l’impact de la déforestation et de
la destruction des berges sur les communautés aquatiques. Ces actions constituent la base
permettant d’élaborer des outils de gestion en cohérence avec le cycle spécifique des espèces
amphihalines et avec le contexte socio-économique de chaque DOM.